Le succès du cinéma irlandais

Gens de Dublin de John Huston, 1987

Adapté au cinéma en 1987 par John Huston d’après l’œuvre de James Joyce. Une fête de famille et d’amis dans une demeure cossue au début du XXe siècle et des conversations en apparence banales qui tissent subrepticement les contours d’une âme encore gaélique, que des siècles de colonisation anglaise n’ont pas terrassée. Il y a la pluie, l’alcool, la musique, le chant et la religion catholique. Il y a surtout la convivialité et le bavardage propre aux Irlandais.

 

L’Homme tranquille de John Ford, 1952

Un boxeur américain (John Wayne) revient s’installer dans le petit village d’où il est parti des années plus tôt pour faire carrière aux États-Unis. Il rachète un cottage convoité par le frère de la femme (Maureen O’Hara) dont il est tombé immédiatement amoureux. Contrairement au Mouchard (1935) ou Révolte à Dublin (1936) deux films politiquement marqués par la lutte contre l’oppression britannique, Ford dans L’Homme tranquille décrit un pays sublimé, teinté par la mélancolie et qui semble en paix. Un des plus grands succès critiques et populaires de John Ford. Oscar 1952 du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie.

 

Le Vent se lève de Ken Loach, 2006

Irlande, 1920. Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien (Cillian Murphy) abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy (Pádraic Delaney) dans le dangereux combat pour la liberté. Tous deux très soudés, ils se lancent dans la lutte pour l’indépendance irlandaise. Mais la ratification de l’accord anglo-irlandais de 1921 va profondément les diviser et faire d’eux de véritable ennemis.

Palme d’or au festival de Cannes 2006

 

Michel Collins de Neil Jordan, 1996

Michael Collins joué par Liam Neeson raconte l’histoire tragique de l’un des héros les plus controversés de la lutte pour l’indépendance de l’Irlande. Il mourut assassiné à 31 ans par ses propres camarades de l’IRA, pour avoir accepté le partage de son pays.

 

Philomena de Stephen Frears, 2013

L’histoire vraie de Philomena Lee forcée par l’Eglise catholique irlandaise d’abandonner son fils dit illégitime pour adoption et qui, 50 ans plus tard, part à la recherche de son fils avec l’aide d’un journaliste.

 

The Commitments d’Alan Parker, 1991

Jimmy Rabitte sait qu’il est le meilleur manager musical au monde…il lui manque juste un groupe ! Il lance alors une grande audition pour recruter 10 des plus talentueux (et inexpérimentés) musiciens de Dublin. Son but : créer le plus grand groupe de soul irlandaise de la planète. Avec un sens de la réalisation et une volonté de capter le réalisme gris des décors du Dublin populaire de la fin des années 80, Alan Parker adapte la gouaille irrésistible de l’œuvre de Roddy Doyle. L’écrivain dublinois venait juste de publier The Commitments, petit roman tout frais (1988) au succès conséquent. Roddy Doyle retrouvera d’autres de ses personnages adaptés à l’écran par Stephen Frears dans des comédies à faible budget mais à gros succès : The Snapper (1993) et The Van (1996).

 

Once de John Carney, 2006

Voyage au cœur d’une brève histoire d’amour entre un chanteur de rue et une vendeuse tchèque à Dublin. Marketa Irglova et Glen Hansard font écho à leur propre histoire à la ville dans un récit scandé par les belles chansons qu’ils composent ensemble et n’hésitent pas à s’adresser l’un à l’autre au cours du film. Cette authentique comédie musicale feel good se démarque par une simplicité de tous les instants et une alchimie qui se noue entre les charismes de Hansard et Irglova, tous deux superbes, qui insufflent du charme à leurs personnages.

 

An Cailín Ciúin (The Quiet Girl) de Colm Bairéad, 2022

Adapté d’un court roman signé Claire Keegan (Les Trois Lumières, 2011), le film, dont l’intrigue se situe au début des années 1980, suit le personnage de Cáit, une petite fille confiée à des cousins de sa mère, le temps que celle-ci mène à terme une nouvelle grossesse. An Cailín Ciúin fait partie d’une nouvelle vague de films en gaélique irlandais, il a été nominé aux Oscars pour le meilleur long métrage international en 2023.

 

The Banshees of Inisherin de Martin McDonagh, 2022

Le film met en scène une amitié touchante entre Pádraic (Colin Farrell) et Colm (Brendan Gleeson) avec la guerre civile irlandaise en toile de fond. Nature intouchée mais aussi dureté des conditions de vie. Les paysages de la côte ouest, tour à tour austères et paradisiaques en fonction de la pluie et du soleil, ont forgé des tempéraments à la fois gais et désespérés, pétris d’humour et de mélancolie. Ce film « absurdo-philosophique » déconcertant, mi-fable, mi conte…et réaliste à la fois, se situe dans la pure tradition du drame irlandais.

 

Dance First de James Marsh (sortie France 2024 ?)

Long métrage sur l’écrivain Samuel Beckett, incarné par l’acteur irlandais Gabriel Byrne. Samuel Beckett a vécu une vie aux multiples facettes : bon vivant parisien, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, dramaturge lauréat du Prix Nobel, mari coureur de jupons, reclus. Cependant, malgré toute l’adulation dont il a fait l’objet, c’était un homme très conscient de ses propres manquements. Le film, dont le titre vient de son précepte « Danse d’abord. Pense après » retrace toute la vie de cette icône du XXe siècle.

 

They may face the rising sun

 

 

Les séries télé

Derry Girls de Liza McGee (3 saisons, 2018-2022)

Inspirée par la vie de sa créatrice Lisa McGee, la série met en scène quatre adolescentes catholiques de la ville de Derry (ou Londonderry pour les protestants) au milieu des années 1990, pendant les dernières années des Troubles (1968-1998). Travaillées par leur puberté, Erin, Orla, Clare et Michelle vivent au rythme des checks-points et des alertes à la bombe tout en fantasmant sur les garçons du coin, qu’ils soient cathos ou protestants. Les gamines font souvent rire. Elles enchaînant les gaffes au rythme des tubes de l’époque entonnés par Supergrass, les Spice Girls, The Corrs ou The Cranberries.

 

Normal people de Lenny Abrahamson et Hettie MacDonald, 2020

Adaptée du roman de Sally Rooney, la série raconte la relation compliquée entre deux lycéens, Marianne (Daisy Edgar-Jones) et Connell (Paul Mescal), qui fréquentent le même lycée dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande. Connell est un garçon séduisant, sportif et apprécié de tous. Marianne, une jeune fille solitaire, fière et intimidante. Une histoire d’amour nait entre les deux ados lorsque Connell vient chercher sa mère qui travaille comme femme de ménage pour la famille de Marianne. Normal People suit ce couple dont les vies sont intimement liées l’une à l’autre et explore les méandres d’un amour de jeunesse. On y découvre leurs malaises, leur quête de vérité dans une société dont les valeurs se craquèlent. Un portrait douloureux et réaliste des milléniaux, les jeunes nés après 2000. Une vision âpre, douce-amère de l’Irlande d’aujourd’hui.

 

Les documentaires

L’homme d’Aran de Robert Flaherty, 1934

Le tournage du documentaire avec la séquence des currachs (barques) dans une mer déchaînée avait déclenché la polémique : « Dans une séquence terrifiante de tempête où l’on voit la mère, cheveux défaits, se jeter dans des vagues énormes pour sauver son mari dont le bateau vient de chavirer sur lui, elle – une comédienne sauvage et superbe – frôla la noyade d’un cheveu. Il est impossible de voir aujourd’hui ces images sans penser qu’elles ont été truquées : elles ne l’étaient pas ; ce naufrage n’était pas prévu. » (Nicolas Bouvier)

 

Les Pas de la liberté : la danse irlandaise de Ruan Magan, 2021

 « Selon Confucius, on peut connaître l’état du royaume d’un homme par celui dans lequel on y trouve la danse », explique Ruan Magan, auteur d’un remarquable documentaire sur l’histoire de la danse dans son pays. Il explore l’évolution de cette forme d’expression artistique, issue d’un rituel ancestral devenue pour les Irlandais une arme contre la colonisation de l’Irlande. Par leur jeu de jambes le plus rapide au monde, leur dos droit et leurs mains le long du corps, les opprimés montrent leur force. Le documentaire motre comment la danse irlandaise a été influencée et a influencé la danse de nombreuses ciltures et comment elle s’est développement comme une expression de résistance. La danse est devenue un soft-power de la culture irlandaise grâce à la popularisation des compétitions et des spectacles de danse celtique dans le monde.

 

Les Petits Disciples de Platon (Declan McGrath, Neasa Ní Chianáin), 2021

Au cœur d’un quartier ouvrier de Belfast Nord, se dresse l’école primaire Holy Cross Boys. L’édifice porte les cicatrices de la guerre civile. Avec ses murs surmontés de barbelés et ornés de graffitis sectaires, de tags et dessins politiques. Le chaos et le désordre ainsi que la criminalité et l’abus de drogue règnent en maître sur la région. C’est dans ce contexte désespéré qu’un directeur visionnaire débarque avec la ferme intention de changer le cours de l’histoire et d’aider les enfants à retrouver ordre et raison. Selon le nouveau-venu la solution résiderait dans la sagesse des anciens maîtres de la philosophie : Socrate, Platon, Aristote… Une manière de fournir aux enfants et à leurs parents des clés pour apprendre à penser par eux-mêmes et éviter le piège de la violence.

 

Blockbusters

L’île d’Irlande est une destination de choix pour les industriels du cinéma du monde entier et attire des productions colossales. C’est près de Belfast qu’on a filmé la série Game of Thrones. Les forêts, les montagnes et les landes d’Irlande du Nord permettent de tourner dans un décor dramatique idéal pour créer les royaumes tant convoités. Les secrets de la saga sont désormais dévoilés dans le principal studio de tournage des huit saisons à Banbridge.

 

Les films Harry Potter ont tous été tournés en Angleterre et en Ecosse. Certaines séquences ont toutefois été tournées en Irlande. Dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (2009), c’est face aux falaises de Moher que Dumbledore entraîne Harry pour récupérer l’un des Horcrux de Voldemort.

 

Dans la région de Dublin, sur le domaine de Powerscourt et sa monumentale cascade, des dizaines de films ont été tournés comme Excalibur ou Barry Lyndon. Les plages du débarquement d’Il faut sauver le soldat Ryan ne se trouvent pas en Normandie mais dans le comté de Wexford, à la pointe sud est de l’Irlande !

 

Avec ses paysages à couper le souffle et sa tradition folklorique, l’Irlande apparaît comme une terre de légendes idéale pour réaliser des films fantastiques. La série Vikings (2013) a été tournée dans vallée de Glendalough autour de son monastère médiéval.

 

L’épisode VIII de la saga de Star Wars (Les Derniers Jedi, 2017) a été tourné sur les îles sauvages de Skellig, au sud-ouest de l’île. Elles ont servi de décor pour créer Temple Island, où Luke Skywalker vit en exil.

 

 

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Gens de Dublin de John Huston, 1987

Adapté au cinéma en 1987 par John Huston d’après l’œuvre de James Joyce. Une fête de famille et d’amis dans une demeure cossue au début du XXe siècle et des conversations en apparence banales qui tissent subrepticement les contours d’une âme encore gaélique, que des siècles de colonisation anglaise n’ont pas terrassée. Il y a la pluie, l’alcool, la musique, le chant et la religion catholique. Il y a surtout la convivialité et le bavardage propre aux Irlandais.

 

L’Homme tranquille de John Ford, 1952

Un boxeur américain (John Wayne) revient s’installer dans le petit village d’où il est parti des années plus tôt pour faire carrière aux États-Unis. Il rachète un cottage convoité par le frère de la femme (Maureen O’Hara) dont il est tombé immédiatement amoureux. Contrairement au Mouchard (1935) ou Révolte à Dublin (1936) deux films politiquement marqués par la lutte contre l’oppression britannique, Ford dans L’Homme tranquille décrit un pays sublimé, teinté par la mélancolie et qui semble en paix. Un des plus grands succès critiques et populaires de John Ford. Oscar 1952 du meilleur réalisateur et de la meilleure photographie.

 

Le Vent se lève de Ken Loach, 2006

Irlande, 1920. Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien (Cillian Murphy) abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy (Pádraic Delaney) dans le dangereux combat pour la liberté. Tous deux très soudés, ils se lancent dans la lutte pour l’indépendance irlandaise. Mais la ratification de l’accord anglo-irlandais de 1921 va profondément les diviser et faire d’eux de véritable ennemis.

Palme d’or au festival de Cannes 2006

 

Michel Collins de Neil Jordan, 1996

Michael Collins joué par Liam Neeson raconte l’histoire tragique de l’un des héros les plus controversés de la lutte pour l’indépendance de l’Irlande. Il mourut assassiné à 31 ans par ses propres camarades de l’IRA, pour avoir accepté le partage de son pays.

 

Philomena de Stephen Frears, 2013

L’histoire vraie de Philomena Lee forcée par l’Eglise catholique irlandaise d’abandonner son fils dit illégitime pour adoption et qui, 50 ans plus tard, part à la recherche de son fils avec l’aide d’un journaliste.

 

The Commitments d’Alan Parker, 1991

Jimmy Rabitte sait qu’il est le meilleur manager musical au monde…il lui manque juste un groupe ! Il lance alors une grande audition pour recruter 10 des plus talentueux (et inexpérimentés) musiciens de Dublin. Son but : créer le plus grand groupe de soul irlandaise de la planète. Avec un sens de la réalisation et une volonté de capter le réalisme gris des décors du Dublin populaire de la fin des années 80, Alan Parker adapte la gouaille irrésistible de l’œuvre de Roddy Doyle. L’écrivain dublinois venait juste de publier The Commitments, petit roman tout frais (1988) au succès conséquent. Roddy Doyle retrouvera d’autres de ses personnages adaptés à l’écran par Stephen Frears dans des comédies à faible budget mais à gros succès : The Snapper (1993) et The Van (1996).

 

Once de John Carney, 2006

Voyage au cœur d’une brève histoire d’amour entre un chanteur de rue et une vendeuse tchèque à Dublin. Marketa Irglova et Glen Hansard font écho à leur propre histoire à la ville dans un récit scandé par les belles chansons qu’ils composent ensemble et n’hésitent pas à s’adresser l’un à l’autre au cours du film. Cette authentique comédie musicale feel good se démarque par une simplicité de tous les instants et une alchimie qui se noue entre les charismes de Hansard et Irglova, tous deux superbes, qui insufflent du charme à leurs personnages.

 

An Cailín Ciúin (The Quiet Girl) de Colm Bairéad, 2022

Adapté d’un court roman signé Claire Keegan (Les Trois Lumières, 2011), le film, dont l’intrigue se situe au début des années 1980, suit le personnage de Cáit, une petite fille confiée à des cousins de sa mère, le temps que celle-ci mène à terme une nouvelle grossesse. An Cailín Ciúin fait partie d’une nouvelle vague de films en gaélique irlandais, il a été nominé aux Oscars pour le meilleur long métrage international en 2023.

 

The Banshees of Inisherin de Martin McDonagh, 2022

Le film met en scène une amitié touchante entre Pádraic (Colin Farrell) et Colm (Brendan Gleeson) avec la guerre civile irlandaise en toile de fond. Nature intouchée mais aussi dureté des conditions de vie. Les paysages de la côte ouest, tour à tour austères et paradisiaques en fonction de la pluie et du soleil, ont forgé des tempéraments à la fois gais et désespérés, pétris d’humour et de mélancolie. Ce film « absurdo-philosophique » déconcertant, mi-fable, mi conte…et réaliste à la fois, se situe dans la pure tradition du drame irlandais.

 

Dance First de James Marsh (sortie France 2024 ?)

Long métrage sur l’écrivain Samuel Beckett, incarné par l’acteur irlandais Gabriel Byrne. Samuel Beckett a vécu une vie aux multiples facettes : bon vivant parisien, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, dramaturge lauréat du Prix Nobel, mari coureur de jupons, reclus. Cependant, malgré toute l’adulation dont il a fait l’objet, c’était un homme très conscient de ses propres manquements. Le film, dont le titre vient de son précepte « Danse d’abord. Pense après » retrace toute la vie de cette icône du XXe siècle.

 

They may face the rising sun

 

 

Les séries télé

Derry Girls de Liza McGee (3 saisons, 2018-2022)

Inspirée par la vie de sa créatrice Lisa McGee, la série met en scène quatre adolescentes catholiques de la ville de Derry (ou Londonderry pour les protestants) au milieu des années 1990, pendant les dernières années des Troubles (1968-1998). Travaillées par leur puberté, Erin, Orla, Clare et Michelle vivent au rythme des checks-points et des alertes à la bombe tout en fantasmant sur les garçons du coin, qu’ils soient cathos ou protestants. Les gamines font souvent rire. Elles enchaînant les gaffes au rythme des tubes de l’époque entonnés par Supergrass, les Spice Girls, The Corrs ou The Cranberries.

 

Normal people de Lenny Abrahamson et Hettie MacDonald, 2020

Adaptée du roman de Sally Rooney, la série raconte la relation compliquée entre deux lycéens, Marianne (Daisy Edgar-Jones) et Connell (Paul Mescal), qui fréquentent le même lycée dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande. Connell est un garçon séduisant, sportif et apprécié de tous. Marianne, une jeune fille solitaire, fière et intimidante. Une histoire d’amour nait entre les deux ados lorsque Connell vient chercher sa mère qui travaille comme femme de ménage pour la famille de Marianne. Normal People suit ce couple dont les vies sont intimement liées l’une à l’autre et explore les méandres d’un amour de jeunesse. On y découvre leurs malaises, leur quête de vérité dans une société dont les valeurs se craquèlent. Un portrait douloureux et réaliste des milléniaux, les jeunes nés après 2000. Une vision âpre, douce-amère de l’Irlande d’aujourd’hui.

 

Les documentaires

L’homme d’Aran de Robert Flaherty, 1934

Le tournage du documentaire avec la séquence des currachs (barques) dans une mer déchaînée avait déclenché la polémique : « Dans une séquence terrifiante de tempête où l’on voit la mère, cheveux défaits, se jeter dans des vagues énormes pour sauver son mari dont le bateau vient de chavirer sur lui, elle – une comédienne sauvage et superbe – frôla la noyade d’un cheveu. Il est impossible de voir aujourd’hui ces images sans penser qu’elles ont été truquées : elles ne l’étaient pas ; ce naufrage n’était pas prévu. » (Nicolas Bouvier)

 

Les Pas de la liberté : la danse irlandaise de Ruan Magan, 2021

 « Selon Confucius, on peut connaître l’état du royaume d’un homme par celui dans lequel on y trouve la danse », explique Ruan Magan, auteur d’un remarquable documentaire sur l’histoire de la danse dans son pays. Il explore l’évolution de cette forme d’expression artistique, issue d’un rituel ancestral devenue pour les Irlandais une arme contre la colonisation de l’Irlande. Par leur jeu de jambes le plus rapide au monde, leur dos droit et leurs mains le long du corps, les opprimés montrent leur force. Le documentaire motre comment la danse irlandaise a été influencée et a influencé la danse de nombreuses ciltures et comment elle s’est développement comme une expression de résistance. La danse est devenue un soft-power de la culture irlandaise grâce à la popularisation des compétitions et des spectacles de danse celtique dans le monde.

 

Les Petits Disciples de Platon (Declan McGrath, Neasa Ní Chianáin), 2021

Au cœur d’un quartier ouvrier de Belfast Nord, se dresse l’école primaire Holy Cross Boys. L’édifice porte les cicatrices de la guerre civile. Avec ses murs surmontés de barbelés et ornés de graffitis sectaires, de tags et dessins politiques. Le chaos et le désordre ainsi que la criminalité et l’abus de drogue règnent en maître sur la région. C’est dans ce contexte désespéré qu’un directeur visionnaire débarque avec la ferme intention de changer le cours de l’histoire et d’aider les enfants à retrouver ordre et raison. Selon le nouveau-venu la solution résiderait dans la sagesse des anciens maîtres de la philosophie : Socrate, Platon, Aristote… Une manière de fournir aux enfants et à leurs parents des clés pour apprendre à penser par eux-mêmes et éviter le piège de la violence.

 

Blockbusters

L’île d’Irlande est une destination de choix pour les industriels du cinéma du monde entier et attire des productions colossales. C’est près de Belfast qu’on a filmé la série Game of Thrones. Les forêts, les montagnes et les landes d’Irlande du Nord permettent de tourner dans un décor dramatique idéal pour créer les royaumes tant convoités. Les secrets de la saga sont désormais dévoilés dans le principal studio de tournage des huit saisons à Banbridge.

 

Les films Harry Potter ont tous été tournés en Angleterre et en Ecosse. Certaines séquences ont toutefois été tournées en Irlande. Dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (2009), c’est face aux falaises de Moher que Dumbledore entraîne Harry pour récupérer l’un des Horcrux de Voldemort.

 

Dans la région de Dublin, sur le domaine de Powerscourt et sa monumentale cascade, des dizaines de films ont été tournés comme Excalibur ou Barry Lyndon. Les plages du débarquement d’Il faut sauver le soldat Ryan ne se trouvent pas en Normandie mais dans le comté de Wexford, à la pointe sud est de l’Irlande !

 

Avec ses paysages à couper le souffle et sa tradition folklorique, l’Irlande apparaît comme une terre de légendes idéale pour réaliser des films fantastiques. La série Vikings (2013) a été tournée dans vallée de Glendalough autour de son monastère médiéval.

 

L’épisode VIII de la saga de Star Wars (Les Derniers Jedi, 2017) a été tourné sur les îles sauvages de Skellig, au sud-ouest de l’île. Elles ont servi de décor pour créer Temple Island, où Luke Skywalker vit en exil.